Covid-19 en Nouvelle-Zélande : la gestion qui nous permet de vivre normalement

nouvelle zelande covid

Décembre 2020 arrive. En Nouvelle-Zélande, nous sommes bientôt en été, les fleurs sont sorties, la température se réchauffe, les bords de mer se remplissent, les salons et festivals vont bon train, sans masque, sans anxiété. Pendant que le Covid semble étendre son cauchemar outre-mer, ou « overseas » comme on dit ici, nous, nous vivons normalement, reconnaissants.

Pourtant, le Covid a mis le pied en Nouvelle-Zélande, comme partout, mais a été coupé net. Tellement que le parti de Jacinda Ardern, notre Prime Minister, vient d’être réélu par une majorité historique. On parle de « vote de gratitude ». Pourtant, ici aussi, il y a eu un confinement, et un raide, des entreprises ont mis la clé sous la porte, la restauration a beaucoup souffert, et le NZD a chuté. Mais pourtant, les Néozélandais sont globalement reconnaissants et s’apprêtent à passer leur été 2020-2021 sans réserve.

Nous sommes, nous aussi, très reconnaissants d’être ici, tout spécialement lorsque nous regardons les infos françaises. La NZ et la France ne sont pas comparables, évidemment, mais il y a des choses dont on peut s’inspirer, et je les partage ci-dessous.

 

Petit historique du Covid-19 en Nouvelle-Zélande

Le premier cas de Covid-19 est arrivé en Nouvelle-Zélande le 28 Février 2020.

Le 25 Mars, bien avant le pic de l’épidémie, le gouvernement annonce un confinement national pour tout le monde. Cela a été mis en place en moins d’une semaine et avec un système de niveaux d’alertes, clair à comprendre pour tous. Le niveau 4 étant le confinement ultime, pour tous, et le niveau 0, la vie normale.

Le 27 Avril, nous sommes repassés en niveau 3, qui lève quelques restrictions, pour quelques commerces notamment. Le pic de l’épidémie fût en avril, avec un maximum de 89 nouveaux cas par jour, et 929 cas actifs.

Le 13 Mai, après une retombée à 85 cas nationaux, on passe en niveau 2, tout ré-ouvre, mais la distanciation sociale est de mise. La vie était presque redevenue normale.

Depuis le 8 Juin, et encore à ce jour, nous sommes en niveau 1. Cela signifie la vie normale pour tous, mais les frontières toujours fermées. Nous avons réussi à maintenir un « 0 nouveau cas » pendant 102 jours.

Mais le 11 Août, 4 cas actifs sont apparus on ne sait comment à Auckland. Dès le lendemain de leur découverte, toute la région Auckland est repassée en niveau 3. Tandis que le reste du pays repassait en niveau 2, au cas où.

Le 23 Septembre, Auckland est repassé en niveau 2, et le reste de la NZ en niveau 1.

Fin octobre 2020, nous avons eu un total de 1949 cas (dont 1593 confirmés), et 25 morts.  À cette même date, la NZ a offert plus d’1 million de tests sur son territoire.

L’action du gouvernement a été admirée internationalement, et nationalement.

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Évolution des cas de Covid-19 en Nouvelle-Zélande de Mars à Juin 2020. Le fond orange correspond à la période de confinement maximum.

Depuis la « 2ème vague » d’août, le nombre de cas actifs stagne entre 10 et 50 cas actifs simultanés sur le territoire, bloqués en quarantaine à la frontière. Nous sommes actuellement à moins d’un nouveau cas par jour.

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Évolution des cas de Covid-19 en Nouvelle-Zélande de Mars à Octobre 2020

 

Réaction et gestion du gouvernement face au Covid-19

Voilà pour les chiffres. Pour résumer, on peut donc dire que le gouvernement de Jacinda Ardern n’a pas tergiversé et a agi rapidement. Le Covid étant déjà sur le territoire, il n’a pas attendu que les lits d’hôpitaux soient tous pris pour déclarer un confinement sec et net, auquel tout le monde a dû se préparer en moins d’une semaine. Ce confinement a été d’une efficacité redoutable.

50 jours de confinement sévère

Je le qualifie de « sévère », comparé à ce qu’on a pu voir en France. Ici, le confinement n’a pas connu de demi-mesure :

  • tous les commerces, restaurants ont dû fermer, sauf les « essentiels » : supermarchés, pharmacies, etc… Si on peut s’en passer pendant 50 jours, c’est que ce n’est pas essentiel.
  • le point fort qui a fait toute la différence : soit on télé-travaillait, soit on restait chez soi. Il n’y a pas eu de « si vous ne pouvez pas télé-travailler, vous pouvez aller bosser ». Non, de toute façon, toutes les entreprises ont fermé leurs bureaux, sans favoritisme ni laxisme.
  • pas de ventes à emporter ou de livraisons
  • pas de sortie en dehors du quartier. De ce que j’ai pu voir de mon suburb, les gens ont été très respectueux de la distanciation et n’ont pas abusé
  • toutes les écoles et universités ont bien sûr fermé

C’est grâce à cette sévérité de confinement que nous avons pu reprendre une vie normale en mai. Mais pas que. J’explique plus loin comment le gouvernement a rendu possible ceci en assistant financièrement les entreprises.

La « deuxième vague », en août, a été très bien gérée aussi en reconfinant partiellement Auckland. Depuis, les quelques cas de virus présents en NZ, sont ceux qui sont déclarés durant les 15 jours de quarantaine obligatoires pour toute entrée sur le territoire. Aucun cas ne se balade depuis dans la nature. Il y a bien eu quelques cas qui se sont faufilés on ne sait comment dans la communauté, cependant, grâce à l’application « NZ Covid Tracer » cela a pu être géré très rapidement. J’explique plus loin.

 

Aide financière immédiate aux entreprises et aux salariés touchées par le Covid

Toutes les personnes dont le métier ne permettait pas le télé-travail, ont tout de même dû rester chez elles et arrêter de bosser. Cela s’est fait, sans polémique, on n’a pas entendu de « sauvez nos librairies », « sauvez nos restaurants », « sauvez nos commerces de proximité », personne n’a prétendu être au-dessus des autres dans ce confinement, bien que certains bouchers ont été déçus de ne pas être considérés comme des « essential business ». Logique, puisqu’on trouve la viande en supermarché et qu’il fallait limiter les lieux de vente.

Le Royal New Zealand Ballet n’a pas pleurniché, malgré le brusque changement, travaillant via Zoom, offrant des vidéos live au public, et déclarant que s’adapter constamment faisait parti de leur métier.

…  Comment cela est-il possible ?

Et bien, le gouvernement a réellement tenté d’établir un juste milieu entre perdre son salaire ou devoir continuer de sortir et divulguer le virus.

Versement de fonds en urgence

Toute personne/business ne pouvant plus toucher son revenu pendant le confinement, s’est vu proposer $525 par semaine, pendant 3 à 5 mois. La condition était d’avoir eu une perte de 30% de revenus ou de chiffre d’affaires sur les derniers mois.

Un système a été mis en place pour les entreprises, petits patrons, et aussi pour ceux qui sont à leur propre compte (self-employed / freelances) :

il s’agissait de remplir un formulaire, détaillant la situation, ainsi que le nombre d’employés concernés (les freelances mettaient donc 1). Et dans les 5 jours, en urgence donc, le gouvernement versait l’équivalent de $525 par semaine pour 3 mois, en 1 seule fois, par employé, et chaque patron / entreprise le reversait à ses employés. Chaque personne en difficulté a donc pu recevoir en une fois $6300 pour tenir le coup, ce qui, pour le néozélandais moyen a vraiment aidé.

Des aides publiques ont été accordées à la culture (orchestres et ballets nationaux etc…).

Ce qui m’a épatée, en dehors de cette aide, c’est comme chaque entité a tenté de se réinventer pour survivre au confinement… vente en ligne, solidarité, prestations en video live… Les efforts pour la survie ont été impressionnants. Certains ont même réussi à toucher une nouvelle audience / clientèle en découvrant une activité online qu’ils n’avaient jamais osée jusque là.

J’en parle plus loin dans le paragraphe sur la mentalité des Néozélandais pendant le confinement.

Prêt à 0% du service des impôts

L’IRD (Inland Revenue Department) a proposé aux mêmes entreprises et freelances en difficulté un prêt à 0% pendant 1 an.

« The Small Business Cashflow (Loan) Scheme (SBCS) » a été introduit pour aider les entreprises ayant moins de 50 employés à temps plein.

Le montant maximal prêté était de  $10 000 $ + $1800 par employé. Après 1 an, le prêt passe à 3%.

 

Paiement des loyers

Un des grands soucis fût bien sûr de payer son loyer. La Nouvelle-Zélande est surtout une terre de propriétaires, et le marché de la location est peu régulé, pour le moment … Il n’y a quasiment aucune protection des locataires et, le marché immobilier étant en pleine explosion en NZ (beaucoup de propriétaires revendent 1,5 million leur vilaine maison achetée à 200 000 en 1994), il est monnaie courante que les propriétaires louent quelque temps avant de vendre, faisant monter les enchères pour le loyer demandé, histoire de payer leurs intérêts rapidement… Louer en Nouvelle-Zélande, un vrai casting du cauchemar…

Le gouvernement a interdit les fins de location entre Mars et Juin 2020. En dehors de ça, il a simplement enjoint les locataires à dire honnêtement à leurs proprio s’ils ont des difficultés pour payer le loyer pendant le confinement, et a recommandé aux propriétaires de négocier un paiement échelonné si besoin.

Le tarif de location moyen sur tout le territoire est de $390 par semaine pour 1 ou 2 chambres. Un foyer touchant 2 aides à $525 par semaine a donc pu s’en sortir. Il faut aussi dire, que par sa culture, son système et son histoire spécifique, la NZ est un pays où il est normal de mettre de l’argent de côté (beaucoup moins d’assistance sociale qu’en France). Cette habitude permet de mieux gérer les coups durs évidemment. Il n’est pas rare de voir sur des forums, ou les réseaux sociaux, des personnes en difficulté se voir répondre : « mais à 35 ans tu n’as aucun savings? »

Et ceux qui ont des prêts sur la tronche ?  Le gouvernement et les banques ont trouvé un accord pour geler les remboursements de prêts pendant 6 mois. Mais Roger Beaumont, directeur général de l’Association des banquiers néozélandais, prévient :

«Bien qu’il existe des avantages évidents pour les personnes dans le besoin, les reports de remboursement peuvent prolonger le délai de remboursement du prêt et augmenter les frais d’intérêt. Ce n’est donc peut-être pas pour tout le monde. Il est important de savoir que les intérêts sur ces prêts continueront de s’accumuler et que des intérêts différés seront ajoutés au montant principal du prêt. « 

 

Rien n’est parfait bien sûr et il y a toujours des pertes. Mais la Nouvelle-Zélande a essayé de faire au mieux pour limiter les dégâts, en décidant en urgence de mesures radicales. Et au final, cela a bien fonctionné.

L’emploi a chuté de 0,4% au cours de la période de confinement, ce qui équivaut à 11 000 personnes. Sur ces 11 000, 10 000 étaient des femmes. C’est immense et dû au fait que le secteur de la restauration emploie majoritairement des femmes.

Au cours du trimestre de septembre 2020, le nombre global de chômeurs a augmenté de 37000 pour atteindre 151000, en réponse à l’impact du COVID-19.

Cette hausse de 37 000 est la plus forte hausse trimestrielle du chômage depuis 1986.

La 2ème hausse la plus importante sur un seul trimestre avait été enregistrée en juin 2009 pendant la crise financière mondiale, lorsque le nombre de chômeurs avait augmenté de 18 000.

 

Fermeture des frontières

Toutes les frontières et points d’entrée ont été fermés pour les non-résidents / non-citoyens dès le 19 Mars 2020. Les résidents/citoyens retournant au pays ont dû être isolés chez eux.

Depuis le 10 avril 2020, tous les Néozélandais revenant de l’étranger doivent respecter 2 semaines de quarantaine dans des hôtels prévus à cet effet, et à leurs frais (dans les 3500NZD). Cela est toujours en vigueur en Novembre 2020, et n’a pas été assoupli.

C’est l’avantage principal d’être sur une île perdue au milieu du Pacifique : aucune entrée illégale n’est possible.

La Nouvelle-Zélande s’est barricadée, et seuls les citoyens et résidents permanents peuvent entrer sur le territoire. Et pas de cadeau, pour eux aussi c’est 15 jours en quarantaine obligatoires.

Le pays va beaucoup souffrir économiquement de la perte du tourisme. L’économie de l’Otago a été la plus durement touchée, avec une baisse de 15,6% par an, impactée par les retombées du tourisme.

Selon Stats NZ,  sur l’année financière 2018-2019, le tourisme a généré 16,2 milliards de dollars, soit 5,8% du PIB du pays. La valeur ajoutée indirecte des industries soutenant le tourisme a généré 11,2 milliards de dollars supplémentaires, soit 4,0% du PIB. Les dépenses du tourisme international s’élevaient à 17,8 milliards de dollars et 229 566 personnes étaient directement employées dans le tourisme, soit 8,4 pour cent de la population active.

Le gouvernement cependant a choisi la protection totale. Il faut noter qu’en Nouvelle-Zélande, il y a une forte culture de la protection des terres, ne serait-ce que par la Biosecurity qui contrôle tout ce qui entre sur l’île, et détruit tout ce qui peut poser problèmes (nourriture, graines, bactéries…), dans le but de protéger la flore et la faune native de l’île.

Connaissant cela, on comprend facilement que la Nouvelle-Zélande ait pris ce genre de décisions radicales pour se protéger d’abord physiquement.

 

Application de tracking Covid

Ici aussi il y a eu la sortie d’une application pour lutter contre l’épidémie. Elle a été bien accueillie et utilisée. Son succès, je pense, tient à sa simplicité ; il s’agit d’une application de tracking, peu intrusive. Son fonctionnement diffère de StopCovid qui utilise Bluetooth et l’identification de contacts.

L’appli néozélandaise NZ Covid Tracer est simple :

  1. on s’inscrit, avec un faux nom peu importe, le principal étant de renseigner un numéro de tél ou un email valide pour être contacté en cas de soucis.
  2. et ensuite, au quotidien, on scanne  les QR codes à l’entrée des endroits où l’on va. Chaque entreprise, lieu public, etc, est tenu d’afficher son QR code à l’entrée. On peut aussi entrer le lieu manuellement, si on a oublié ou pas vu l’affiche.
NZ Covid Tracer app et son système de QR code
NZ Covid Tracer app et son système de QR code

Si une personne s’avère avoir contracté le Covid, ses données de déplacement sont épluchées, et toutes les personnes qui ont fréquenté les mêmes lieux vont être contactées et invitées à être testées. Les « cas contact » sont donc retrouvés facilement. L’appli a été créée pour le Ministère de la Santé, et les lois de vie privée et secret médical s’y appliquent.

Voilà, c’est tout. Les infos entrées dans l’appli ne sont pas partagées en dehors des services Covid NZ, et sont effacées de manière définitive au bout de 60 jours.

2 300 000 néozélandais ont utilisé l’appli, sur 5 000 000, ce qui a permis de bon résultats. Il s’agit à peu près du nombre de néozélandais vivant dans les grandes villes.

 

Mentalité positive des Néozélandais pendant le confinement, respect des règles anti-Covid

À Wellington, à l’annonce du confinement, tout le monde a pris ses dispositions. Il y a eu 2 ou 3 jours très agités sur les routes, puis… le calme. Bien sûr, bien avant ça, il y a eu les aficionados du papier toilette qui ont dévalisé les supermarchés. Comme partout dans le monde, il y a cette couche de personnes pour qui la survie passe par la propreté de leur cul. Ça nous a fait rire et affligés en même temps. C’est comme dans les films de zombie, il y a toujours une part de zozos qui ne pensent qu’à eux-mêmes pour des détails (et crèvent les premiers parce que pas assez intelligents au final…).

Les supermarchés ont rapidement mis des règles : pas plus de 2 unités par personnes pour certains produits… PQ donc, mais aussi conserves, produits ménagers, de toilette, farines, etc…

Ces règles et le confinement par la suite ont permis un réapprovisionnement rapide. La période de rayons vides a duré 2 semaines tout au plus.

Selon les heures de la journée, il fallait faire la queue pour entrer dans le supermarché, afin de respecter le nombre maximum de clients à l’intérieur en même temps. Les livraisons à domiciles étaient surbookées, et de nombreuses personnes proposaient d’aider les personnes âgées isolées de leur quartier. Il y a ici ce concept de communauté forte et solidaire en cas de pépin.

Wellington est une ville de 400 000 habitants qui respire, avec très peu de barres d’immeubles. Le confinement a donc plutôt été abordé comme un moment de calme et d’expérience pour la plupart des gens, pour ce que j’en ai vu. Matinées calmes, sans un bruit. Les gens sortaient en famille après le déjeuner pour profiter du beau temps, faire leur tour de vélo ou leur exercice, en respectant les distances, puis rentraient chez eux. Les Wellingtoniens se regroupent beaucoup sur Facebook, dans des groupes par suburb (quartiers). Il y a eu beaucoup de communication, de jeux, d’entraide… La plupart des gens ont placé des peluches à leurs fenêtres pour saluer les enfants qui passent ou qui les voient depuis leurs maisons.

Ceux-ci accrochaient aussi des dessins en écrivant le conseil de Jacinda Ardern : « be kind » et le mettaient à leurs fenêtres.

nz peluches ours nounours fenetres coronavirus

Il y a eu très peu de problèmes relatifs à des ados sortant et se réunissant. Pas de rébellion non plus. Chacun a pris ses responsabilités. Évidemment, c’est bien plus facile lorsqu’on vit dans une maison avec un petit coin vert, dans un quartier vert, que lorsqu’on est à 5 dans un appart. Cela nous amène à nous interroger sur ce qu’est vraiment la qualité de vie. Nous, nous avons quitté Paris parce que vivre entassés les uns sur les autres sous prétexte que c a fini par nous sembler complètement aliénant et peu naturel. Aujourd’hui nous sommes confortés dans cette idée. Et oui, j’ose le dire : les 3 mois de confinement n’ont pas été un mauvais souvenir, nous n’avons manqué de rien, et nous en avons même fait une expérience positive. Et cela a été bien plus facile dans une communauté bienveillante et bien dans sa tête.

La Nouvelle-Zélande étant un pays à séismes, beaucoup de Néozélandais savent ce que c’est que la perte ou de vivre avec le risque de perte. Donc pendant le confinement, bien qu’on leur a annoncé qu’ils ne pouvaient plus sortir, s’amuser, voir leurs amis, ou même travailler, la réaction a plutôt été « ok c’est une tuile, c’est la vie … hé. On se relèvera. »

On trouve dans la mentalité des gens ici un équilibre entre les attentes mesurées envers le gouvernement, et l’indépendance vis-à-vis de lui. Nous avons aussi constaté les bienfaits d’un pays axé sur le commerce local et les petits business : il leur a été plus facile de survivre, beaucoup s’adaptant rapidement au confinement, en vendant en ligne, et d’autres, bénéficiant de la solidarité des gens, qui ont rempli volontairement les restaurants et entreprises de services qu’ils aimaient, pour les soutenir.

C’est ce qui m’a le plus épaté pendant ce confinement : les entreprises, des plus petites aux plus grosses, ont déployés des efforts de créativité pour survivre, quitte même à découvrir de nouveaux clients et audiences qu’ils n’auraient pas touchés en temps normal.

La Culture a souffert, mais a relevé le challenge sans s’apitoyer.

L’industrie de l’art est parmi les plus durement touchées par la pandémie en NZ, avec des productions et des concerts annulés dans tout le secteur.

La fermeture des salles oblige les artistes à trouver de nouvelles façons de présenter leur travail.

« Nous ne sommes pas morts, nous sommes vivants, et nous sommes juste en sommeil. Nous avons besoin d’imagination, nous avons besoin d’un but », déclare Patricia Baker, directrice artistique de RNZB.

Même les galeries d’art sont passées online. La McLeavey Gallery de Wellington accueille des expositions numériques.

Mais on s’inquiète de la durée pendant laquelle les artistes peuvent rester sans travail. Le conseil municipal de Wellington intervient et offre un soutien financier à ceux qui en ont besoin.

«C’est incroyablement difficile. Ils doivent manger, payer leur loyer… Le conseil accorde des subventions et nous avons essayé d’être aussi utiles que possible», dit Nicola Young, du Wellington Council.

Mais il y a de l’espoir de la part de ceux qui utilisent le contenu en ligne pour atteindre le public.

«Peut-être que cela en inspirera certains à aller au théâtre une fois que nous serons tous sortis et profiterons de cette merveilleuse ville», dit Baker.

Le contenu en ligne ne remplace pas une soirée au théâtre, mais peut-être une chance d’atteindre un tout nouveau public.

Article de Newshub.co.nz

 

Le Royal New Zealand Ballet en est l’exemple, déclarant que oui, ça allait être difficile, mais que c’était le propre du NZ Ballet de s’adapter aux imprévus. Ils ont continué de s’entraîner via zoom, prenant le challenge au sérieux, et ont déployé des lives solo ou entre colocataires, via Facebook.

Des musiciens de l’orchestre symphonique de Nouvelle-Zélande ont également donné des concerts online, et ont reçu des contributions.

Il semble que le Royal New Zealand Ballet soit la première grande compagnie du Royal Ballet au monde à revenir sur scène en août 2020.

 

 

Aujourd’hui et conclusion

Aujourd’hui, les Néozélandais vivent normalement, bien que conscients que tout peut arriver. Nous sommes au niveau 1, ce qui signifie :

  • rester chez soi au moindre symptôme
  • utiliser l’appli
  • tous les magasins offrent du gel hydro-alcoolique à leur entrée
  • les frontières demeurent fermées

L’été arrive (le 21 décembre ici…) et les vacances seront nationales pour la grande majorité d’entre nous. Les plages seront fréquentées, les salles de spectacles aussi.

Les Néozélandais voient vraiment leurs îles comme un sanctuaire, et ils leur semblent assez normal qu’ici ça aille bien tandis que le reste du monde s’écroule ou s’étripe. Cependant, ils sont aussi conscients, dans leur grande majorité, de la gestion exceptionnelle qui a été mise en place. Jacinda a eu les « balls » d’imposer un programme sans demi-mesure, contrairement à ce que l’on voit ailleurs. On dit qu’elle a fait passer les gens avant l’économie du pays. Nous savons tous qu’il y aura une récession suite à cela, mais nous sommes confiants pour la surmonter, la Nouvelle-Zélande étant assez autonome, très connectée à Internet, et en plein essor depuis les années 2000, tout est à faire.

Nous ne nous sentons pas protégés de tout problème non plus, ni d’un retour du Covid, mais on se sent en confiance par rapport à la façon dont cela sera géré, et qu’est-ce-que ça fait du bien. C’est un sentiment que nous n’avons jamais ressenti avant.

Nous suivons la situation mondiale et française concernant le Covid, et cela prend tellement d’ampleur. Vues d’ici, il y a des choses, des attitudes, des gestions, des décisions que les gens d’ici ne pourraient pas comprendre. En fait, il serait difficile de faire comprendre à un Néozélandais ce qu’il se passe en France et pourquoi rester chez soi pose problème aux gens. En quelque sorte, nous vivons une double expérience en termes d’évènements, et cela nous apprend beaucoup. Notre sentiment est que cette crise et sa problématique est un énième problème de surpopulation, comme les nombreux à venir dans le futur. Vu le nombre de personnes qui commencent à quitter les grandes villes pour des endroits à moindre densité de population (en France ou ailleurs), il semble qu’une prise de conscience ait lieu.

La gloire des grandes villes c’est fini. Notre Paris, c’était fini aussi. Nous le sentions dans notre cœur et avons résisté longtemps avant de l’admettre. Aujourd’hui, en contemplant la situation mondiale, on se rapproche de l’essentiel en voyant clairement les endroits qui arrivent à respirer pendant une crise quelle qu’elle soit.

L’espoir n’est pas là où il y a  20 000 habitants au m2.

 

>> Des mises à jour quotidiennes en infographie sur le statut du Covid-19 en Nouvelle-Zélande sont disponibles ici.

 

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